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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 07:24



Récemment j'ai eu une discussion très intéressante avec JC sur la force de frappe en football.

J'ai donc réfléchi à un article sur  le sujet et j'ai trouvé une thèse du S.T.A.P.S. de l'UHP NANCY 1 qui m'a scotché de par sa précision chirurgicale.

Alors, une fois n'est pas coutume, je ne vais pas mettre en ligne sur ce site un article "original" mais une simple copie. Ce choix s'explique par mon incapacité à produire une réflexion aussi pointue sur ce sujet et par la volonté de ne pas dénaturer une thèse par une mauvaise retranscription.

Je mets la thèse, presque, en intégralité en ayant pris soin d'enlever certains passages trop "physiologiques" et donc sans intérêt pour des non-biomécaniciens.

De plus pour les termes les plus techniques je donnerai une définition complémentaire en rouge.


En espérant que le STAPS de Nancy ne m'en veuille pas trop de publier, sur notre site, quelqu'unes de leurs meilleures feuilles.
_________________________________________________



LE TIR AU FOOTBALL (partie I)



Le tir c'est la tentative d'expédier le ballon dans le but adverse par une frappe de balle. Le

tir est l'aboutissement de tout ce qui a été réalisé collectivement auparavant, de toutes les actions d'attaque, il est important de le travailler. Il peut s'effectuer sur une balle à l'arrêt ou en mouvement, au sol ou en l'air. La trajectoire du tir est déterminée par la surface de contact

utilisée (intérieur du pied, cou-de-pied, tête...).


Le tir nécessite des qualités techniques (position et orientation du corps, placement du pied d'appui, utilisation d'une certaine surface de contact, rôle du regard, précision,...) des qualités physiques (puissance, coordination et vitesse d'exécution...) et des qualités morales (confiance en soi et prise de risques,...) car ne dit on pas que le propre du grand buteur est de ne jamais douter.


De plus nous pouvons dire en nous en appuyant sur «L'art du buteur » d'Alain MISCHEL paru aux éditions CHIRON en 1998, que plus le temps disponible est grand plus la réalisation de la frappe de balle se fera dans des conditions optimales. En effet des statistiques réalisées lors de la coupe du monde 1994 aux USA, on peut s'apercevoir que 46 buts sur 141 inscrits l'on été à la suite de phases arrêtées (coup franc et penalty). 45% des buts sont marqués à plus d'une touche de balle ce qui est révélateur du temps mis à disposition du joueur. Sachant qu'à haut niveau le temps disponible est réduit au maximum par la pression défensive.


(...)


Dans une première partie nous allons traiter les différentes surfaces de contact utilisées

pour le tir.

Dans un second temps nous étudierons la frappe du cou-de-pied, et nous consacrerons

notre dernière partie à une analyse musculaire et biomécanique de celle-ci qui est la plus

fréquemment utilisée.



1. Description et efficacité des différentes surfaces de contact du pied


Les surfaces de contact du pied avec le ballon sont multiples et ont toutes des

caractéristiques et des utilisations différentes.


Intérieur du pied (arrête interne du pied :scaphoïde, 1ercunéiforme et métatarse) : cette surface est surtout utilisée pour des frappes très précises et d'une puissance limitée par rapport au cou-de-pied, frappes sèches. tir effectué à 5-10m du but du fait de sa faible puissance.


Au niveau de l'hallux (métatarse 1, épiphyse proximale l'hallux) : c'est le tir le plus utilisé à

haut niveau c'est le meilleur compromis entre la puissance du cou-de-pied et la précision de

l'intérieur du pied. Frappe effectuée aussi bien près que loin du but. Cette surface est

principalement utilisée pour les coup-francs ou les centres comme en est coutumier David

BECKHAM. C'est une frappe qui est caractéristique du haut niveau.

(en fait il s'agit d'une frappe avec le gros orteil et le partie extrême du pied)


Frappe du cou-de-pied (dans l'axe médian du pied) : trajectoire rasante tendue. Grâce à cette frappe le ballon peut-être projeté à plus de 120 km/h. Elle permet la meilleur transmission de vitesse au ballon par des alignements segmentaires (tronc - jambe - cuisse - pied - ballon).


Pointu (épiphyses distales des phalanges des orteils) : cette surface est surtout utilisée pour

propulser le ballon au fond des filets en cas de crise du temps ou de fin de course. Elle ne nécessite pas de dissociation course/frappe.


Extérieur du pied (arrête externe du pied, métatarse 4 et 5 et phalange 4-5) : frappe la plus

difficile et la plus approximative, elle donne au ballon une rotation latérale. C'est un tir qui peut s'effectuer à une distance assez lointaine du but du fait que les muscles sollicités sont quasiment les mêmes que pour la frappe cou-de-pied. Du fait de sa difficulté de réalisation on ne voit que très rarement cette frappe. Roberto CARLOS est un spécialiste de ce tir notamment sur coup-francs.


Talon (calcanéus) : cette surface est surtout utilisée lors de déviations exclusivement dans la

surface de réparation. Elle est très peu utilisée pour frapper.


De nos jours, de par la progression des gardiens de but et le renforcement des défenses,

les attaquants trouvent refuge dans des frappes plus lointaines, plus rapides et plus spontanées. La frappe du cou-de-pied devient donc un élément technique indispensable au bon footballeur.



 

2. Analyse technique de la frappe du cou-de-pied


2.1 Préparation

La préparation est constituée d'une course d'élan et d'une prise d'informations qui se composent de trois facteurs :


2.1.1 Le facteur cognitif

C'est le moment dit « de perception » (faculté d'observer vite ce qui se passe autour de soi). Cette prise d'informations se fait par rapport au but, aux adversaires et bien sûr par rapport au ballon. Avec l'anticipation et le contrôle (maîtrise de balle) cette qualité est à la base de l'exécution correcte de la frappe de balle. Un bon joueur est capable d'anticiper la trajectoire du ballon et de deviner son point de chute, on parlera alors de perception sensori-motrice : savoir se trouver au bon endroit au bon moment (anticipation - coïncidence).


2.1.2 Le facteur moteur (déplacement et approche du ballon)

La coordination est nécessaire pour réaliser des mouvements cohérents par rapport à des objectifs préalables. Nous pouvons aussi remarquer que celui-ci correspond à un ajustement des foulées qui seront de plus en plus courtes à l'approche du ballon en vue de préparer son mouvement.


2.1.3 Le facteur décisionnel

Il est fonction du temps disponible et des informations extérieures, et va induire lui aussi des ajustements (ajustement de trajectoires : horizontales, verticales,...).


2.2 Mise en tension

Cette seconde phase intervient juste avant la frappe de balle et correspond à la mise en position et à la sollicitation des muscles utilisés lors du tir. Le regard est centré sur le ballon, la ceinture scapulaire est orientée en direction du but, il y a une dissociation entre la ceinture pelvienne et la ceinture scapulaire, on a alors un angle de «rotation » d'environ 40°C.

Cet angle de «rotation » est dû à une mise en tension de la jambe de frappe. Cela permet d'augmenter la force de frappe. La jambe d'appui est légèrement fléchie ce qui  permet un meilleur équilibre (mise en tension des muscles). La position du pied d'appui par rapport au ballon est parallèle et se trouve non loin de celui-ci, le pied étant orienté dans la direction du but. Pour la jambe de frappe on observe une

ouverture de la cuisse sur le tronc, une fermeture de la jambe sur la cuisse et une extension du pied. Cette phase correspond à l'ARME DE LA JAMBE DE FRAPPE.

- Ceinture scapulaire

- Ceinture pelvienne

- angle de ROTATION (40°C)


2.3 Exécution

Dans cette partie nous différencierons deux moments différents. Nous aurons tout d'abord l'impact puis la finition.


L'impact :

- La jambe d'appui reste dans la même position que lors de la mise en tension.

- La ceinture scapulaire ne bouge pas, mais il y aura une fermeture de l'angle de « rotation » qui passe de 40° à 0°. On observera alors un alignement de la ceinture scapulaire, de la ceinture pelvienne et du pied d'appui selon le plan frontal.

- Un alignement selon un axe sagittal du pied de frappe, genou de frappe et de la scapula du côté de la jambe de frappe sachant que la position du tronc par rapport à la verticale est inclinée de 15 à 20°.

- La jambe de frappe au moment de l'impact est très légèrement fléchie du fait de l'inclinaison et de la flexion de la jambe d'appui.


La finition :

- La jambe de frappe continue sa course, elle va accompagner le ballon. Elle sera en extension totale (extension du pied et extension de la jambe sur la cuisse).

Nous aurons alors une fermeture du membre inférieur sur le tronc.

- Extension de la jambe du pied d'appui.

- La ceinture scapulaire va avoir un mouvement d'équilibration dû en parti aux membres supérieurs qui l'entraînent.

Il est à noter que lors de la préparation, mise en tension et exécution on observe que les membres supérieurs ont un rôle équilibrateur.

 

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